Pourquoi les Alpes du Dauphiné ?

Luca Melcarne

Pourquoi les Alpes du Dauphiné ?

Un territoire à haut potentiel de renaturation

Comme d’autres régions en France et en Europe, les Alpes du Dauphiné ont connu un exode rural depuis le XIXe siècle. Cela a entraîné un recul progressif de l’agriculture, une reconquête des milieux par la forêt, et le retour de nombreuses espèces de faune et de flore.  

Cette évolution représente aujourd’hui une opportunité unique de revitaliser le territoire à travers une démarche de rewilding inclusive. Celle-ci permet de répondre aux défis écologiques et climatiques, tout en favorisant l’innovation socio-économique au bénéfice des habitants. 

Cette opportunité est née d’un processus de consultation lancé en 2022. Un comité de pilotage composé de plusieurs collectivités locales a accompagné Rewilding France et Rewilding Europe dans l’identification des attentes du territoire en matière de nature. Plus de 80 parties prenantes ont été rencontrées en 2023 et 2024. 

Il en ressort que les Alpes du Dauphiné suivent une trajectoire exemplaire de renaturation depuis plus de 70 ans. Poursuivre cette dynamique positive répond à un besoin clair: expérimenter et diversifier les modèles de gestion, d’usage et de valorisation des espaces ruraux, dans un contexte de changement climatique et de mutations sociétales plus larges. 

Restaurer les processus naturels, en redonnant espace et liberté à la nature sauvage, permettra de renforcer et diversifier la valeur écologique du territoire. Cela favorisera une biodiversité plus riche et une meilleure résilience face aux sécheresses, canicules, et inondations. 

Ce renouveau écologique ouvre également la voie à des usages durables des terres et à l’émergence de nouvelles opportunités économiques pour les habitants investis dans l’avenir de leur territoire. La collaboration avec les habitants constitue un pilier essentiel de l’approche du rewilding.

 

Un territoire qui a entamé sa trajectoire de renaturation depuis 70 ans

Photo d'archive

À la fin du XIXème siècle, la surexploitation forestière avait grandement abîmé le sol des Alpes du Dauphiné, ne laissant qu’une terre aride et à nu à la merci de l’érosion et des glissements de terrain.

Gilles Rayé

L’urbanisation rapide de la France dans la première moitié du XXème siècle a paradoxalement permis à la nature de faire un retour exceptionnel. La plupart des forêts françaises se sont ainsi régénérées de façon naturelle suite à cet exode rural. 

Nelleke de Weerd / Rewilding Europe

Le retour des forêts offrait un habitat favorable à la faune sauvageIl ne manquait plus qu’un coup de pouce pour faire revenir les premiers herbivores. Coup de pouce que donnèrent les chasseurs en réintroduisant cerfs et chevreuils dans les années 1960.

Nelleke de Weerd / Rewilding Europe

D’autres herbivores ont également pu bénéficier de programmes similaires de réintroductions ou de renforcements de population. Ce fut le cas du chamois.

James Shooter/Rewilding Europe

Dans les années 1980, ce fut au tour des marmottes d’être réintroduites, ce qui permit notamment de renforcer la présence des aigles royaux dans la région.

Nicolas Marty

Les bouquetins suivirent et furent réintroduits dans le Vercors dans les années 1990, dix et vingt ans après des programmes de réintroduction similaires dans les Écrins et dans le Mercantour.

Luca Melcarne

En se rapprochant de densités convenables d’herbivores, le territoire a permis aux prédateurs de revenir… spontanément. Arrivé d’Italie par le Mercantour en 1992, le loup gris a ensuite gagné les Alpes du Dauphiné quelques années plus tard. 

Emmanuel Rondeau

Il ne manquait plus qu’un dernier maillon dans la chaîne trophique : la nécrophagie. La réintroduction de vautours fauves dans les années 1990 permit de rétablir cette fonction et de nettoyer les carcasses avant qu’elles ne polluent les rivières locales.

Staffan Widstrand / Rewilding Europe

Les vautours moines ont été réintroduits à partir de 2004, tandis que les vautours percnoptères sont revenus d’eux-mêmes. 

Luca Melcarne

La réintroduction du gypaète barbu a permis de rétablir l’intégralité de la fonction d’équarrissage des carcasses. Quand un animal mort est repéré, les vautours fauves arrivent en premiers, leur long cou leur permettant de s’introduire par les orifices naturels et les zones de peau fine. Les vautours moines se nourrissent eux des parties plus coriaces : la peau, les tendons, les ligaments. Puis, les vautours percnoptères arrachent la viande en putréfaction avec leurs becs pointus. Les gypaètes terminent le nettoyage quand il ne reste que les os, qu’ils sont capables de digérer.

 

Notre objectif est d’aller encore plus loin

Chez Rewilding France, nous souhaitons poursuivre les efforts entrepris collectivement par les acteurs régionaux et nous sommes convaincus que nous pouvons faire des Alpes du Dauphiné un modèle de renaturation à grande échelle.

Ce territoire deviendra ainsi la vitrine de la renaturation à la française, une approche inclusive qui bénéficie au plus grand nombre :

  • Un territoire où la biodiversité se renforce grâce à une nature plus sauvage ;
  • Un territoire qui anticipe les effets du changement climatique et qui y apporte une réponse en rendant l’environnement plus résilient ;
  • Un territoire qui améliore la santé de ses habitants et qui leur apporte de nouvelles opportunités.