Renaturation de rivières

James Shooter/Rewilding Europe

Renaturation de rivières

Les rivières sont les vaisseaux sanguins de la nature. Elles relient les territoires entre eux et possèdent leur écosystème propre. Le milieu rivière n’est pas que de l’eau qui coule, c’est aussi tout ce qui compose son lit, la ripisylve, les galets, les sédiments, la nappe alluviale associée, etc  

La renaturation des rivières consiste à leur redonner l’espace et la liberté de s’autoréguler, grâce à des processus naturels tels que le libre écoulement de l’eau, la reconnexion aux nappes d’accompagnement et la restauration du régime naturel de crues. 

Les rivières renaturées sont d’immenses réservoirs de biodiversité et offrent des corridors écologiques naturels pour la mobilité de nombreuses espèces. Elles garantissent une meilleure qualité de l’eau et une meilleure résilience face au changement climatique, notamment par leur capacité à absorber plus facilement les plus hauts débits issus de périodes d’intenses précipitations et de fortes inondations et par leur capacité à mieux recharger les nappes phréatiques. 

Rewilding France souhaite restaurer les tronçons critiques de cinq rivières des Alpes du Dauphiné : la Drôme, lEygues, L’Ebron, Le Buëch, la Souloise, en s’appuyant sur une certification externe via le label “Rivières Sauvages” pour garantir la qualité et valoriser ces restaurations. 

Prospection

La première étape consiste à identifier, sur le terrain, toutes les barrières à l’écoulement : barrages, digues et autres infrastructures entravant le bon fonctionnement des rivières, ainsi que les fronts de recolonisation de la loutre d’Europe (Lutra  lutra) et du castor (Castor fiber)espèces respectivement parapluie* et ingénieure** de ces écosystèmes.

Une fois les barrières à l’écoulement identifiées, la plateforme AMBER qui recense l’ensemble de ces obstacles à l’échelle européenne est mise à jour 

Dialogue

La deuxième étape consiste à engager un dialogue avec toutes les parties prenantesen particulier avec les propriétaires et les syndicats mixtes de rivières, pour évaluer la possibilité d’effacement des principales barrières à l’écoulement et/ou de reconnexion du cours d’eau aux nappes d’accompagnement. De multiples critères sont étudiés, tels que les usages anthropiques en cours, la faisabilité de la suppression, le coût, le type de barrage et son emplacement. 

Mise en œuvre en concertation

La troisième étape consiste à rendre la cohabitation possible et souhaitable avec les espèces clés de ces écosystèmes, en effaçant les barrières inutilisées et en travaillant en concertation avec les riverains sur les aménagements bénéfiques au retour de la loutre et du castor sur les zones identifiées comme fronts de colonisation. 

*Une espèce parapluie est une espèce dont la protection entraîne indirectement la préservation de nombreuses autres espèces et de leur habitat. 

**Une espèce ingénieure est une espèce qui modifie significativement son environnement par ses activités, créant ainsi des habitats favorables à d’autres espèces.